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Richard III - Loyaulté me lie

Théâtre de l'Union - CDN du Limousin

France

Retour à la page spectacles 2018
à partir de 13 ans | Clown, théâtre et mime

C’est un théâtre d’expérimentation, foisonnant de recherches... et de trouvailles. Ingénieuse, inventive, magique, cette approche de Richard III, à la fois il et elle, lui et les autres, déborde d’imagination.

Un clown est alité face à son propre reflet, un double féminin qui lui renvoie l’image de son identité diffractée en une multitude d’autres, sur les murs de sa cellule. Ce double, soeur jumelle autant qu’adversaire, fait appel à une fête foraine, à une multitude de spectres, elle brandit des fantômes protéiformes qui s’animent pour devenir une humanité entière, réelle ou fantasmée. Ensemble, ils construisent leur propre Richard III... Ce clown, dont on ne connaît pas l’identité mais qui se plaît à se penser en Richard III, en est possédé. Il a ses traits de caractère, la même volonté infaillible, la même cruauté, motivée par une implacable loyauté envers lui-même. Une douloureuse culpabilité le poursuit jusque dans sa cellule, il se remémore toutes les vies qu’il a ôtées.

« Un cheval, mon royaume pour un cheval ! » s’écrie le Richard III de Shakespeare, quelques minutes avant d’être tué par son rival. Ici, le cheval est en décomposition, comme le royaume conquis par la mort, et le prisonnier finit littéralement écrasé par sa folie. Il abandonne sa jumelle seule face à elle-même : Myself upon Myself. Richard III figure le Moi absolu qui dévore le monde à mesure qu’il le dit ; un monde où règnent l’abjection, la corruption et la veulerie, et ne mérite que la destruction.

Alors que pour Macbeth, le monde était un théâtre dont nous sommes tous les acteurs, il devient pour Richard un carrousel dont les autres sont tous les pantins. « L’autre », c’est surtout la femme : l’épouse subjuguée (Lady Anne), la mère anéantie (la Duchesse d’York), la belle-soeur dévastée (Elisabeth), trois reines à leur corps défendant, détruites par Richard. Une seule et même comédienne incarne toutes ces figures. Vingt-et-une scènes prennent vie avec Richard et son double. Mais que veut Richard ? Car il veut - absolument - le pouvoir, d’autant plus attirant qu’il est interdit. La vengeance, contre sa famille, contre le monde qui l’a rejeté. Le mal, projet nourri en réaction à tout cela. Et finalement, la destruction, car le couronnement de Richard abreuve sa soif de crimes.

Porté par une ambition tyrannique, une furie nihiliste, il va inéluctablement vers l’auto-anéantissement. Son désir secret n’était-il pas sa propre destruction ? « Je ne trouve en moi-même aucune pitié pour moi-même ». Ce « vilain » magnifique, à la cruauté et à la drôlerie perverse, règne en pur maître du jeu.

jean lambert-wild

Homme de théâtre, comédien, poète, scénographe, performeur atypique dans le théâtre français, il trace depuis plus de dix ans un chemin foisonnant, ambitieux et très personnel sur les tréteaux de France et d’ailleurs.

Nouveau directeur du Théâtre de l’Union - Centre Dramatique National du Limousin - il co-signe avec ses camarades un Richard III très particulier, regroupant les techniques du langage théâtral traditionnelles aussi bien que les techniques les plus innovantes qu’il met au point avec diverses équipes de chercheurs sollicités un peu partout dans le monde.

À savoir

> Stage de théâtre avec Jean-Lambert Wild, directeur du CDN de Limoges qui animera un stage de deux jours et demi, à destination des enseignants et animateurs.

> Bord de scène le mercredi 7 Février à l'issue de la représentation.

> Cette création a été accompagnée et soutenue par France 3 Limousin, dans une démarche de développement et de soutien à la création artistique. Ainsi est né le documentaire L’Etoffe des rêves.

> Jean Lambert-Wild, directeur du CDN de Limoges, animera un stage de théâtre de 2 jours 1/2, à destination des enseignants et amateurs.

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