Déco

Le bac 68

Philippe Caubère

France

Retour à la page spectacles 2018
Dès 15 ans | Théâtre

Ce bac 68 obtient assurément la mention coup de cœur du public. Philippe Caubère remporte l’épreuve haut la main, sous des tonnerres d’applaudissements.

Caubère, comédien hors norme et protéiforme, reprend son inénarrable anthologie personnelle, ici sur les préparatifs et l’examen qui ouvre grand la porte sur l’avenir : le bac. La bête de scène est lâchée ! C’est une performance d’acteur, comme toujours avec Philippe Caubère, qui joue avec un brio démesuré et un appétit insatiable. Il en fait des tonnes et on adore ça. C’est aussi une performance d’auteur, avec ses formules à l’emporte-pièce et ses situations irrésistibles. Le numéro est époustouflant, on admire sa capacité de mémoire aussi bien que son pouvoir de faire surgir des instantanés, avec une simple chaise pour complice. Ce spectacle volubile revient avec mille grains de folie sur cette tranche de vie bachelière de « L'Homme qui danse » où Caubère, ou plutôt son double, Ferdinand Faure, campe une dizaine de personnages, de la mère inquiète à l’examinateur atterré. il faut dire que la Sibérie racontée par le cancre n’a pas grand-chose à voir avec la réalité du sujet tiré au sort. Et on rit à chaudes larmes devant ce face-à-face à unique interprète, quitte à mettre le feu à ce blanc désert glacial.
Sans temps mort, on remonte volontiers les années et l’on refait le monde, avec le recul qui permet de savourer d’autant mieux cet épisode. Le bac, rendez-vous emblématique ; 1968, année qui ne l’est pas moins… Ce Bac68 est donc historique et mérite une mention spéciale du jury !

 

Philippe Caubère

Né en 1950 à Marseille, il commence le théâtre en 1968, au Théâtre d’essai d’Aix-en-Provence. Entre 1970 et 1977, cet enfant terrible du Théâtre du Soleil, dirigé par Ariane Mnouchkine, participe aux spectacles 1789, 1793 et L’Âge d’or comme acteur improvisateur : le film Molière (1977), dont il joue le rôle-titre, le révèle au grand public.  Il joue encore Dom Juan, qu’il met en scène, avant de voler de ses propres ailes. Caubère revendique les influences de Proust et de Céline aussi bien que celles de la commedia dell’arte, de Molière et de Fellini.
Il se tourne vers l’écriture. Partant d’improvisations autobiographiques, il crée en juillet 1981, au Festival d’Avignon, La Danse du Diable, une pièce qualifiée d’ « histoire comique et fantastique », sur sa mère, son enfance marseillaise et son rêve adolescent de théâtre et d’écriture. En homme de théâtre complet, il exerce aussi ses talents d’auteur et de metteur en scène.
Il consacre les dix années suivantes au Roman d’un acteur, œuvre autobiographique monumentale qu’il écrit, met en scène et joue. En 1999, il publie chez Denoël Les Carnets d’un jeune homme 1976-1981, déroulant au jour le jour le fil de ses pensées et des diverses tentatives de réalisation de ce grand œuvre.

www.philippecaubere.fr

 

À savoir

Philippe Caubère retrouvera le public pour un bord de scène, le mardi 14 février, à l’issue de la représentation.