Déco

open space

Écriture, mise en scène de Mathilda May

France

Retour à la page spectacles 2018
coup de cœur Tout public | Théâtre gestuel, humour

Ce soir, repartez donc au bureau, vous ne le regretterez pas. Sans mot dire, Mathilda May a réuni dans cet Open Space tous les travers du genre. C’est un tourbillon de gags, un spectacle inventif et irrésistible.

Mathilda May croque, en radicalisant la réalité, des personnages type sur leur lieu de travail, avec photocopieur, ordinateur et espace fumeur. On y trouve le senior placardisé, la beauté complexée raide dingue du bellâtre aux dents longues, lui-même attiré par le réparateur de machine à café. L’employé modèle reste pour sa part en pamoison devant l’executive woman alcoolisée, tandis que madame sans gêne baille aux corneilles. Voilà un équipage bien mal assorti, mais contraint de se supporter dans cet open space pseudo convivial, un de ces mondes laborieux décloisonnés en mal d’intimité.

Mathilda May observe avec malice le train-train quotidien. Héritière de l’humour tendre de Jacques Tati et de celui, plus décalé, des Monty Python, elle fait éclore l’extraordinaire de la banalité, « l’open space devenant le théâtre de la comédie humaine par le biais du monde de l’entreprise. ». Rivaux ou supérieurs, attirés ou repoussés, ils sont finalement seuls au milieu de tous, prisonniers de la mécanique qui les engloutit, mais toujours à portée de rêve pour s’évader.

Chaque spectateur - peut-être, lui aussi, « un collègue » ? - se réjouira de faire avec eux ces heures supplémentaires !

 

Mathilda May

Son premier prix de danse classique au Conservatoire national supérieur de Paris l’a finalement conduite à la comédie, devant la caméra de Claude Zidi et de Georges Lautner. Elle obtient le César du meilleur espoir féminin et le prix Romy Schneider en 1988 pour Le cri du hibou, de Claude Chabrol. Partenaire d’Yves Montand dans Trois places pour le 26, de Jacques Demy, elle tourne ensuite avec Michel Deville, Werner Herzog et Bigas Luna, et devient la voix française de Pocahontas pour Disney, en 1995. Elle monte sur scène sous la direction de Bernard Murat dans Le retour d’Harold Pinter. Artiste multi talents, elle compose un album avec des musiciens anglais et américains, pour lequel elle sera nommée aux Victoires de la musique, puis signe la musique de la pièce Le roman de Lulu (1997). Après la parution de son roman Personne ne le saura chez Flammarion, en 2008, elle écrit le spectacle Plus si affinité, qu’elle joue avec Pascal Légitimus, à Paris et en tournée pendant trois ans. Mathilda May a interprété Festen, la suite, de Thomas Winterberg, mis en scène par Daniel Benoin.

 

Nicolas Montazaud

Il signe la musique de la pièce. Formé au Conservatoire de Paris - premiers prix de percussions et de musique de chambre - il se tourne vers le jazz, accompagne des artistes comme Claude Nougaro, Charles Aznavour, Mylène Farmer ou Laurent Voulzy. Musicien sollicité dans les studios d’enregistrement, il a contribué aux musiques de films de Vangélis ou Michel Portal.

 

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