Déco

Le jeu de l'amour et du hasard, de Marivaux

Cie Saudade / Philippe Calvario

France

Retour à la page spectacles 2018
à partir de 12 ans | Théâtre

Elle se fait passer pour sa suivante pour mieux observer le mari que son père lui destine. Mais le promis fait de même avec son valet ! Tout un programme de réjouissances et de quiproquos, avec les mots de Marivaux… et le talent de Philippe Calvario.

Silvia craint d’épouser sans le connaître Dorante, le jeune homme que son père, Monsieur Orgon, lui destine. Elle décide alors d’échanger les rôles avec sa femme de chambre, Lisette, en espérant ainsi mieux observer son prétendant. Mais Dorante a eu la même idée : il se présente chez Monsieur Orgon déguisé en serviteur, nommé Bourguignon, tandis que son valet, Arlequin, se fait passer pour lui. Seuls Monsieur Orgon et son fils, Mario, sont informés du travestissement des jeunes gens. Ils choisissent de laisser libre cours au « jeu de l’amour et du hasard » et d’en savourer le spectacle… tout comme nous. Une pure comédie !

En respectant les codes de bienséance de l’époque — les nobles finiront ensemble et les « petites gens » de leur côté — Marivaux bouscule l’ordre établi et trouble les préjugés, en inversant les rapports maîtres/valets. Bien sûr, cela donne lieu à des situations délicieusement décalées, à des complications et quiproquos, à des dialogues étincelants. La langue de Marivaux combine légèreté et gravité dans ces « échanges » amoureux. Ce sont les femmes, avec les serviteurs, qui tirent le mieux leur épingle du jeu… de l’amour et du hasard.
Marivaux est féministe avant l’heure et souhaite voir les femmes s’émanciper de la tutelle masculine, père, frère et mari. Silvia affirme cette indépendance et revendique le droit d’épouser un homme par amour. Le propos n’est pas si éloigné de notre époque, car faire exister son désir, pouvoir tout détruire pour lui, reste un combat éternel.

Le spectateur assiste, impuissant, à la quête absolue de chacun vers la vérité des sentiments.Il sait tout à l’avance, complice et voyeur. La loi du désir est à l’oeuvre : « Ici, il faut aimer celui qu’on doit et ne pas aimer celui qu’on croit. Il faut donc vivre son désir interdit dans un monde où la valeur des sentiments est dictée par la loi. »
Pour le metteur en scène, le jeu de rôle tourne au jeu de massacre amoureux, chacun se trouvant en face de sa chacune sans le savoir : « Si cette pièce nous joue la comédie, c’est toujours au prix de la souffrance des quatre personnages principaux. Ils se débattent dans un monde où leurs propres sentiments leur échappent peu à peu. » Philippe Calvario signe une mise en scène furieusement décalée, joue avec les époques, instille les airs les plus torrides de Gainsbourg et des chorégraphies entre les actes, il casse les codes et ajoute de l’audace à un propos qui n’en manque déjà pas !

Philippe Calvario

Il a suivi sa formation d’acteur au cours Florent, dans la classe de Valérie Nègre, Philippe Joiris et Isabelle Nanty.
Il a fondé en 1996 sa compagnie, avec laquelle il a produit et mis en scène près de trente spectacles de théâtre et d’opéra. Toutes ses pièces ont été représentées entre trente et deux cent fois en Île de France, en Province et en Europe.

Philippe Calvario a été le conseiller artistique de Patrice Chéreau pour Phèdre de Racine.
Il se dirige vers le cinéma et devrait réaliser son premier long métrage prochainement.

ciesaudade.com/Cie_Saudade/Le_jeu.html

À savoir :

> Séance scolaire  le jeudi 15 mars à 14 h, pour les collèges

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