Déco

Les évaporés

Cie magique-circonstancielle

France

Retour à la page spectacles 2018
Création 2017 à partir de 14 ans | Théâtre contemporain

Chaque année, 100 000 japonais disparaissent sans laisser de trace, le plus souvent pour sortir de situations inextricables. Delphine Hecquet se demande comment on peut ainsi claquer la porte sur sa vie et renoncer à son identité... S’évaporer.

Bouleversée à la lecture des Évaporés du Japon, enquête consacrée à ces gens qui disparaissent sans laisser de traces, changent d’identité et s’inventent de nouvelles vies, la directrice artistique de la Cie Magique-Circonstancielle se lance dans sa deuxième création.
Écrite pour sept acteurs japonais et un acteur français qui joue un journaliste venu faire un reportage au Japon sur les évaporations massives, la pièce montre d’emblée qu’une différence linguistique et culturelle ne permet pas de se définir avec les mêmes outils, les mêmes possibles, dès la formulation même de qui l’on est.

Delphine Hecquet a choisi des acteurs ayant un rapport très fort au corps, à l’espace, au mouvement. « Leur force de proposition ne tient pas seulement dans ce qu’ils disent, mais aussi dans ce qu’ils sont physiquement. » Tous ont une densité corporelle et donnent instantanément une énergie, une silhouette, donc un personnage, et produisent des images scéniques fortes. La metteuse en scène rend compte du vide par le plein. La vidéo permet ainsi de montrer l’absence et certains personnages n’apparaissent que dans les histoires filmées, évoquant le fantasme, l’espoir ou le souvenir.
Les motifs d’évaporation sont nombreux, souvent liés au déshonneur, à la honte, au mariage sans amour, au sentiment d’exister uniquement pour son travail, mais aussi à la dette envers la mafia, à la rupture avec les codes de la société. « Ce qui m’interpelle dans ce phénomène des évaporations, ce sont les fictions qu’il déclenche. D’un côté les évaporés choisissent de redéfinir leur identité en s’éloignant de leur identité de départ, en tentant de vivre une nouvelle vie. De l’autre, ceux qui restent, les proches, sont eux aussi forcés de se définir autrement, brutalement, avec l’absence, n’être plus femme de, mari de, fils de, mais en attente. »

La compagnie magique-circonstancielle

C’est l’autre nom donné au hasard par les surréalistes, ou comment des éléments indépendants se retrouvent au même endroit par un étonnant concours de circonstances : baptiser ainsi sa compagnie, pour Delphine Hecquet, c’est s’en remettre aux imprévus qui sont depuis toujours source de création. Créée en 2014 pour son premier spectacle, Balakat, la compagnie est basée à Bordeaux.

Delphine Hecquet

Formée au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (promotion 2011), elle a joué au sein du CDN des Alpes de 2011 à 2013. Au cinéma, elle a tourné avec Bruno Ballouard (Lili-Rose), Cécile Télerman (Les yeux jaunes des crocodiles), Eugène Green (Correspondances, prix du Jury Festival de Locarno 2007), Philippe Garrel (Un été brûlant).

En 2012, installée à Moscou, elle écrit une pièce pour trois interprètes, Balakat, qui interroge la naissance et la possibilité de l’écriture.

À savoir

> Bord de scène à l'issue de la représentation

> Coproduction de L'Odyssée

> Spectacle en coréalisation avec l'OARA

> Delphine Hecquet a reçu une bourse de l’OARA en 2016 pour l’écriture des Évaporés.

> Spectacle en japonais, surtitré en français.

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